Butembo : payer mille FC même quand on apporte à manger aux prisonniers mourants à Kakwangura

 

Kakwangura en ville de Butembo. Il faut débourser 1000fc pour avoir droit à la visite même si c’est pour y amener de la nourriture. Il y a pourtant eu trois personnes décédées de faim dans cette maison carcérale au cours du mois de mai. Contacté, le directeur de la prison décline sa responsabilité.

Les visites à la prison de Kakwangura sont soumises au paiement de 1000 fc. Ce constat de Colibri RDC ASBL est partagé par La Voix de l’UCG. Selon la lettre de dénonciation adressée au procureur de la république chef de parquet de grande instance de Butembo, les personnes qui ne peuvent rien fournir sont purement et simplement priées de rentrer, sur un ton assez discourtois des militaires et policiers commis à cet endroit. Un comportement contraire aux dispositions légales et conventionnelles que cite Colibri RDC ASBL. Interrogé, le coordonateur de cette organisation explique ce phénomène qu’il condamne par ailleurs. ‘‘ Depuis un certain temps, quand on arrive à la prison de Kakwangura, les policiers et militaires commis à la garde de celle-ci, exigent le paiement de 1000 francs congolais, à défaut de quoi, on est contraint de rentrer, sans pouvoir effectuer la visite. Même ceux qui apportent de la nourriture à leurs membres de famille détenus. Or on doit le rappeler, le droit de visite est gratuit, il n’est pas normal que pendant que des personnes meurent de faim à Kakwangura, que des gardiens exigent une somme d’argent pour accéder à la visite. C’est illégal. Et bizarrement c’est au vu et au su de tout le monde. C’est comme ça que nous avons fait une dénonciation auprès du procureur de la république et de l’auditeur militaire, afin qu’ils ouvrent des enquêtes pour cette situation et qu’ils y mettent fin.’’ 

Répondant à ces accusations, lorsque cette organisation est allée déposer la copie du directeur de prison en présence du reporter de La Voix de l’UCG, celui-ci a rétorqué que les services de sécurité commis à la prison relèvent de la compétence du procureur de la république. Contacté au téléphone, le procureur de la république près le Tribunal de grande instance de Butembo a de son côté rejeté la responsabilité au directeur de prison, arguant qu’au regard de la loi, les services de sécurité commis à la prison sont sous l’autorité du directeur de prison.

Un fait est certain, les visites à la prison sont monnayées alors qu’à ce lieu, on meurt de faim.

Emmanuel KATERI

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