Massacres de Kikyo : 24 ans après, les victimes favorables à l’instauration d’un tribunal spécial pour le Congo espèrent encore à la justice (Me Mbenze Yotama)

Les victimes des massacres de Kikyo espèrent encore justice 24 ans après cette tragédie qui s’est déroulée en avril 1998 au nord de la ville de Butembo dans le Nord-Kivu. Dans une interview accordée à La Voix de l’UCG, Me Mbenze Yotama, l’un des survivants de ces massacres parle des actions déjà entreprises et évoque l’idée d’un tribunal pénal spécial pour la RDC.

 

Les massacres de Kikyo ayant fait plus de 100 morts sont déjà documentés dans un rapport portant sur ces crimes, rassure Mbenze Yotama. L’élu provincial de Butembo indique qu’il est l’un de ceux qui ont rédigé ce rapport et qui l’ont transmis aux Nations Unies. Le rapport Mapping répertoriant plus de 600 crimes graves fait également mention de ces massacres indique Mbenze Yotama.

‘‘ Nous avons déjà établi un rapport sur les massacres de Kikyo. Je vous assure, ça n’a pas été facile. C’était à une époque où les autorités de la ville ne voulaient pas qu’on en parle. J’ai même été arrêté pour avoir Co publier ce rapport sur les massacres de Kikyo.  Nous sommes fières d’avoir documenté ces crimes odieux. Nous ne sommes pas arrêtés à la documentation. Nous avons déposé ce rapport auprès des Nations Unies. Et le cas des massacres de Kikyo a été examiné sur la table des Nations Unies, jusqu’au point où les massacres de Kikyo ont été répertoriés parmi les grands crimes contenus dans le rapport Mapping.’’

Me Mbenze Yotama plaide pour l’instauration d’un tribunal pénal spécial pour le Congo. Une telle juridiction présente la garantie d’indépendance, estime-t-il.

‘‘ Nous sommes de ceux qui pensent, et même dans le rapport sur les massacres de Kikyo nous évoquons l’idée d’un tribunal pénal spécial pour le Congo. Une telle juridiction sera susceptible de revenir sur la question des massacres de Kikyo. Nous sommes convaincus qu’il y aurait non rétroactivité dans le cadre d’une procédure devant la CPI. Aujourd’hui plus que jamais je reste convaincu que les bourreaux répondront de  leurs actes. Ils existent encore, peut-être pas tous mais, nous sommes sûrs que certains existent encore.’’

L’accès à la justice et à la réparation au profit de ces nombreuses victimes est une nécessité estime Mbenze Yotama qui témoigne avoir lui-même perdu sa grand-mère dans ces massacres. Deux de ses grands-frères biologiques étaient également atteint par les balles se souvient-il. Heureusement, il s’agit des crimes imprescriptibles c’est-à -dire qui ne peuvent s’éteindre ou s’effacer par l’écoulement du temps. Me Mbenze rappelle que ces massacres sont attribués aux militaires loyalistes de l’époque sous prétexte que tous les habitants de Butembo sont des mai-mai.

Emmanuel KATERI

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