Nord-Kivu: C’est malheureux que Carly Nzanzu Kasivita n’ait pas fait assez alors que Julien Paluku lui avait déjà balisé le chemin (CT Gaucher)

La province du Nord Kivu n’est pas guérie de sa tare de la faible mobilisation des recettes pour que, en dépit de l’insécurité dans cette province, des actions de développement soient menées au bénéfice de la population.

C’est ce qu’a dit Mbusa Kizito Gaucher, enseignant et chercheur en questions de gouvernance. C’est à l’occasion ce 30 mai du premier anniversaire de l’élection de Nzanzu Kasivita Carly comme gouverneur du Nord Kivu.

Pour le politologue, même si la fraude n’est pas le propre de la seule province du Nord Kivu, un gouverneur de cette province devrait relever le défi de la maximisation des recettes pour que des efforts de développement soient visibles en dépit de l’insécurité.

Mbusa Kizito fustige la fraude toujours caractéristique de l’administration publique, et qui est à la base de la méfiance entre gouvernant et gouvernés.

« On se rend compte qu’entre gouvernant et gouvernés, il existe une grande méfiance. Les gouvernés ne sont plus tellement d’accord dans la manière de gestion des moyens qu’ils donnent à l’Etat. Tant que cette méfiance existe entre gouvernants et gouvernés, il y aura toujours un blocage. Mais on sait que l’Etat dispose des moyens nécessaires pour changer les choses » a dit le CT Gaucher.

Pourtant, le gouverneur NzanzuKasivita Carly a bénéficié d’une province dont certaines voies étaient déjà balisées par son prédécesseur Julien Paluku dont il était dauphin.

« Il n’y a pas beaucoup d’éléments qui ont changé. Du point des animateurs tout comme du point de vue de la gouvernance pendant la période Julien Paluku et celui de Carly Nzanzu. De point de vue le terrain semble avoir été balisé par l’ancien gouverneur pour que son dauphin ne puisse pas avoir des problèmes à gérer la province » conclu-t-il. 

Le Chef de Travaux MbusaKizito relève que la province est restée stable sur le plan institutionnel et il y a eu moins d’actions de contrôle parlementaire. Si le gouverneur en profite pour consolider son pouvoir, le peuple lui n’en tire pas grand profit car le contrôle parlementaire rationnellement exercé pousse l’exécutif à une gestion plus minutieuse de la chose publique.

Le politologue invite le gouverneur à axer son action sur le développement, la sécurité étant de la compétence du pouvoir central. Mais, rappelle-t-il, le chao sécuritaire n’échappe pas au bilan de l’exécutif provincial. Si le contexte de l’épidémie d’Ebola et l’insécurité peuvent justifier certains ratés de la gouvernance Kasivita, le peuple l’attend sur d’autres questions durant les quatre ans qui lui reste indique le politologue.

Emma Kateri

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