Nord Kivu: la société civile contre l’intégration militaire et politique du M23 au sein des FARDC et des autres institutions congolaises

La Coordination provinciale de la société civile du Nord Kivu, appelle le Chef de l’Etat à s’abstenir d’avoir des engagements particuliers avec les responsables du M23. Cela sous peine de haute trahison selon les forces vives. Dans une déclaration lue ce mardi 5 avril par Edgard Mateso, vice-président de cette structure, les forces vives reviennent sur le bilan en chiffres de la dernière incursion du M23 et formulent des recommandations. 

La Coordination Provinciale, ses Coordinations Territoriales, Urbaines et organisations de la Société civile du Nord-Kivu, s’appuient sur la lettre du coordonnateur du mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, Claude IBALANKY adressée à l’auditeur général des FARDC ayant pour objet : “Retrait des mandats d’arrêt contre les ex-combattants du M23” signé le 20 novembre 2019. Ils évoquent  également le cesser le feu unilatéral du M23 décrété vendredi 1er avril 2022 dans l’optique, selon cette déclaration, de vouloir duper les autorités congolaises et les emballer dans les manœuvres de poursuivre l’infiltration au sein des FARDC et dans l’administration publique Congolaise avec la complicité des autorités de la République du Rwanda.  Ainsi les forces vives du Nord Kivu recommandent au chef de l’Etat:

‘‘- de ne pas appliquer ou faire appliquer l’intégration militaire et politique des combattants du M23 ; le faire sera considérée comme une haute trahison ;

 – Ordonner à l’Auditeur Général des FARDC à lancer des nouveaux mandats d’arrêts contre les combattants du M23 au regard des faits infractionnels graves commis lors des différentes attaques menées contre les FARDC et les populations civiles ;

– de dépêcher le renfort des militaires des FARDC bien équipés et motivés dans le Territoire de Rutshuru pour barrer la route à la barbarie du M23 ;

 – d’amplifier les voies diplomatiques pour que le Rwanda laisse les combattants du M23 revenir sans condition et s’aligner parmi les bénéficiaires directs du PDDRCS ;

– ordonner au Gouvernement de la République à apporter une assistance humanitaire aux victimes de ces attaques injustes et injustifiées du M23.’’

L’occasion était aussi à la société civile du Nord Kivu de dresser le bilan des attaques simultanées sur les positions militaires des FARDC à Runyoni et à Chanzu en territoire de Rutshuru.

‘‘-14 civils tués ;

 – environs 37.789 déplacés internes et 13.000 Réfugiés ayant pris la direction de l’Ouganda en District de Kisoro qui vivent sans aucune assistance humanitaire ;

 – un haut gradé des FARDC tué après avoir subi des tortures ;

 – 8 Casques bleus morts et 1 hélicoptère de la MONUSCO abattu ;

 – pillage du Centre de Santé de Tchengerero, des maisons, boutiques et dont les biens avaient été transportés dans un camion avec une plaque d’immatriculation Ougandaise ;

– plusieurs maisons ont été détruites par des tirs des bombes;

 – Etc.’’

La déclaration de la société civile du Nord Kivu chute par une demande à la population de se préparer pour des manifestations publiques pacifiques de grande envergure pour demander aux autorités congolaises la non intégration militaire et politique des combattants du M23. Elle recommande aussi à la population de continuer à soutenir les efforts des FARDC.

Emma Kateri

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE