Butembo/Manifs anti-Monusco : le cri de cœur des vendeurs et vendeuses des produits périssables

Cela fait six jours depuis que les activités socio-économiques sont suspendues sur toute l’étendue de la ville de Butembo. Les vendeurs et vendeuses des denrées alimentaires déplorent des pertes énormes pour les produits périssables. Ils sont obligés de minorer  les prix de peur que les produits pourrissent dans les  entrepôts. La Voix de l’Université Catholique du Graben a fait le tour du marché pour s’enquérir de leurs cris de détresse.

Les marchands abordés, disent se rendre au marché dans le simple but de chercher quelque chose à manger pour les familles car ils vivent au taux du jour. D’abord ce boucher, désespéré à son lieu de travail se plaint : « Cette grève n’a aucun sens. Nous perdons le temps. On devait aller jusque-là ou il y a les tueurs. C’est cela la bonne grève. »

Une tenancière d’un restaurant, venu se ravitailler au grand marché de Butembo rajoute : « Au restaurant, je prépare une petite quantité de la nourriture vue que les clients ne sont plus là », se plaint-elle.

Crédit photo @Kid Mutuka

Vente au rabais

Un vendeur d’habits à qui l’accès au marché a été refusé exprime son ras-le bol : « Je vends les sous-vêtements. Ca ne va pas. Nous n’accédons même  pas au marché. Ça ne va pas car nous mangeons de ce que nous vendons au jour le jour. »

Les femmes vendeuses de petits poids et de tomates, âgées d’une cinquantaine d’années, indiquent que leurs produits pourrissent dans les entrepôts : « Nous ne savons plus que faire. Je vends les tomates, tout est déjà pourri », explique l’une d’elles.  « Il n’y a pas de clients. Cette grève nous rend un mauvais service. Nous cherchons à manger pour les enfants », ajoute une autre.

La vendeuse des petit-pois ayant acheté la mesurette à 500fc est obligée de revendre à 300fc pour éviter que ce produit ne pourrisse : « J’avais acheté la mesurette de petit poids a 500fc. Au lieu de revendre a 600, je suis oblige de vendre a 300fc, sinon ça va pourrir. »

Le prix du kilo de viande n’a pas haussé mais la crainte de la dégradation reste permanente témoigne un boucher.

Les prix galopent

Par contre, une bouteille d’huile de palme qui se négociait a 800fc, s’achète aujourd’hui à 1300fc a cause de sa rareté témoigne cette vendeuse : « Même si la bouteille a haussé de prix, je suis au marché sans rien faire, personne n’achète. Les clients ne viennent pas puisqu’ils ont peur. Nous vendions une bouteille à 800fc, aujourd’hui, elle est à 1300 fc. »

Crédit photo @Kid Mutuka

Rappelons que la grève qui se vit en ville de butembo a été décrétée par 42 associations dont des groupes de pressions pour exiger le retour de la paix et le départ de la Monusco. La reprise des activités reste sujette à la controverse.

Roxane Kavunga et Julienne Muhima

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