Conflits armés : « Exposer la nudité des cadavres des belligérants est une violation du droit international humanitaire » (Me Richard N., Colibri RDC)

Exposer la nudité des cadavres des belligérants est une violation du droit international humanitaire. Face à ce fait répétitif après incursions des milices, l’ASBL Colibri RDC rappelle que les instances judiciaires de l’armée devraient initier des enquêtes pour trouver et punir les auteurs de cette violation souligne maitre Richard Ndekeninge. Il souhaite par ailleurs,  qu’une fois capturé, les miliciens soient chaque fois poursuivis pour crime de guerre par les faits qu’ils ne portent pas de tenu distinctif de la population civile.

Le camp militaire de Rughenda, situé à la périphérie Sud-Est de la ville de Butembo, a essuyé une attaque des miliciens maï-maï la nuit du lundi 19 au mardi 20 Avril. L’attaque repoussée, quatre miliciens ont été tués dont une femme. Le matin du mardi 20 Avril, les images des cadavres ont défilé dans les réseaux dont deux dénudés. Ça a toujours été presque pareil après chaque incursion, constate plusieurs curieux. Maitre Richard Ndekeninge, coordonnateur de Colibri RDC asbl, rappelle que cela est une violation du droit international humanitaire aussi bien conventionnel que coutumier.

« De lorsqu’une personne est déjà décédée, il n’y a aucun intérêt à exposer ainsi sa nudité. Certaines juridictions ont déjà décidé que cela constitue un traitement inhumain et dégradant vis-à-vis des membres de leurs familles. L’exposition des corps en soi n’est pas interdite si c’est dans le but de permettre aux personnes de les identifier mais les exposer dénudés cela est contraire à toutes les règles du droit international humanitaire » explique Maitre Richard Ndekeninge. 

Les forces armées étant formées au Droit des conflits armés, le commandant de l’unité en sa qualité d’Officier de Police Judiciaire OPJ devrait ouvrir une enquête pour établir des responsabilités. Par ailleurs, il émet un vœu de voir les miliciens condamnés pour crime de guerre puisqu’ils ne portent des tenues particulières exposant ainsi les civils.

Mais ce n’est pas non plus une excuse pour l’armée loyaliste explique l’enseignant en Droit à l’UCG, le Chef de Travaux Richard Ndekeninge.

« Le droit international humanitaire n’admet pas la réciprocité. On ne peut pas dire que parce ceux-ci ont violé une règle, nous devons en violer une autre. Les miliciens violent souvent cette règle consistant pour les comabttants de porter une tenue identifiable et de porter ouvertement l’arme, cela n’excuse pas ceux qui sont supposés plus instruits et doivent faire preuve de plus de professionnalisme. », ajoute-t-il.

Même quand il y a lieu de confondre les civils aux belligérants maitre Richard Ndekeninge précise qu’il y a une règle de distinction de cible qui présente des avantages militaires et civils.

HERVE MUKULU

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