RDC-Rapport Mapping: « Si on arrive à prouver que Kagame, victime d’un génocide, est auteur d’un génocide en RDC, il sera un paria international » (Me Billy Saghasa)

Dans sa récente sortie médiatique à Paris, le Président Rwandais a traité le Rapport Mapping de « fomenté de toute pièce ». Ensuite, il a qualifié le Prix Nobel Denis Mukwege d’un outil au service des forces obscures. Paul Kagame a ainsi nié l’existence des crimes  à l’Est de la RDC. Comprenons ce négationnisme avec maitre Billy Saghasa, chef des travaux et doctorant en Droit à l’Université Catholique du Graben.

Entant qu’Etat pivot en Afrique central depuis la déchéance de Mobutu, le Rwanda a su exporté ses inciviques vers le Congo. La sécurité du Rwanda, voire son économie, dépendent de l’insécurité à l’Est de la RDC. Ainsi il est clair   que le Président Rwandais nie l’existence des massacres au Congo car étant un acteur important de ces crimes de guerre et du génocide déduit Maitre Billy Saghasa.

« Il faut arriver à démontrer que réellement il  y a eu crime de guerre, génocide, des crimes qui ne peuvent pas être pardonnés, ni effacés avec le temps, ni avec des compromis politiques; or Kagame avec le RCD/Goma se croyait sauvé lorsqu’on a voté la loi d’amnistie . Alors que la loi d’amnistie ne peut pas violer toutes les conventions internationales sur la répression des crimes internationaux. On ne peut même pas dénombrer les millions des gens tués directement comme dans les massacres de Tingi Tingi, même à Kikyo,… Car avec l’ADFL, le chef d’Etat-major à l’époque des faits c’était James Kabarebe, ministre de la défense du Rwanda. Et la théorie de la responsabilité du chef ? Si on installe une juridiction internationale pour le Congo on pourra ramasser tous les délinquants qui sont même au Rwanda », analyse Billy Saghasa.

Un tribunal Pénal international pour le Congo sera la seule juridiction capable de juger ces crimes imprescriptibles commis au Congo et qui ne sont couvert par la CPI. Le rapport Mapping est l’un des fondements qui permettraient de mettre toute la lumière sur ces auteurs. La grande peur de Kagame serait que l’on parvienne à prouver qu’en tant que victime de génocide, il a été également auteur.

« Si on arrive à démontrer qu’il est impliqué,  que le lui-même est entre guillemets victime de génocide puis auteur de génocide d’un autre peuple alors qu’il sait comment ça fait mal, il risque de devenir un paria international. Ce n’est pas pour rien qu’il est ainsi agité », prévient Billy Saghasa.

Le  business et tout le crédit du Rwanda sur le plan international est basé sur la  philosophie de la protection d’une minorité menacée. Ça ne sera pas une bonne affaire pour le pays des milles collines  qu’on  reconnaisse un autre peuple minoritaire à protéger à côté du Rwanda.

HERVE MUKULU

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